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Fiche · lecture 7 min

Assurer un proche âgé : ce qui devient compliqué

Je veux faire le point pour un proche

Les documents ne se transmettent pas par ce formulaire : indiquez seulement la situation et vos coordonnées.

Votre demande part vers un professionnel du secteur. Elle n’est pas diffusée à un panel d’annonceurs.

Vous cherchez à remettre de l’ordre dans les contrats d’un parent ou d’un proche, et vous vous heurtez à des refus ou à des documents difficiles à interpréter. Cette page explique ce qu’un assureur a le droit de faire, ce qu’une autorité peut imposer et ce qu’elle ne peut pas, et quelles marges de manœuvre restent réellement ouvertes. Elle décrit des règles, pas des situations personnelles.

  • Chaque règle citée porte sa référence
  • Vérifié le 27 août 2026

Un assureur a le droit de refuser

C’est le point de départ, et il déstabilise souvent. Il n’existe aucune obligation générale d’assurer. L’Institut national de la consommation le formule sans détour : une société d’assurance est, en principe, libre d’assurer qui elle souhaite. Un dossier peut donc essuyer plusieurs refus successifs sans qu’aucune règle ne soit violée et sans qu’il y ait matière à contester. Comprendre cela évite de perdre du temps à chercher un recours là où il n’y en a pas, et permet de se concentrer sur les voies qui existent réellement.

La seule brèche ouverte par la loi concerne les assurances que la loi rend obligatoires, et uniquement pour le risque rendu obligatoire. Autrement dit, personne ne doit rester sans couverture de responsabilité civile automobile ni sans la couverture qu’un bail impose au locataire. En revanche, personne n’a droit à un contrat couvrant tout. La distinction est nette dans les textes, elle l’est beaucoup moins dans les brochures, et c’est elle qu’il faut avoir en tête avant d’entamer des démarches.

Un dossier refusé plusieurs fois n’est pas un dossier clos : il change surtout de mode d’instruction.

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Deux personnes âgées vues de dos devant une table couverte de papiers et une paire de lunettes
Deux personnes âgées vues de dos devant une table couverte de papiers et une paire de lunettes

Ce dont parle cette fiche

Cette vue illustre la situation traitée ici. Elle ne rend compte d’aucun dossier ni d’aucune personne en particulier.

Le Bureau central de tarification, et sa limite

Cette autorité est mal comprise, y compris par des personnes qui la citent. Elle ne désigne pas un assureur bienveillant. Saisie après un refus, elle fixe la prime que la compagnie choisie par le demandeur est alors tenue d’appliquer, et elle peut imposer une franchise. Elle statue sous trois mois. Une compagnie qui maintiendrait son refus après cette fixation encourt le retrait de son agrément. Sa portée reste limitée aux assurances obligatoires : automobile, habitation du locataire, copropriété, construction, et par renvoi certaines autres.

Les conditions de saisine sont formelles, et leur non-respect rend la demande irrecevable. La demande d’assurance doit avoir été adressée par lettre recommandée avec accusé de réception au siège de la compagnie. La saisine intervient dans les quinze jours du refus, le silence de l’assureur au-delà de quinze jours valant refus implicite. Le refus doit mentionner la possibilité de saisir cette autorité. Et en automobile, ce qui est obtenu ne porte que sur la responsabilité civile, jamais sur le vol ni sur les dommages au véhicule.

  • La demande d’assurance part en recommandé avec accusé de réception, adressée au siège de la compagnie.
  • La saisine intervient dans les quinze jours du refus, exprès ou implicite.
  • Ce qui est obtenu se limite au risque que la loi rend obligatoire, pas au reste du contrat.

Changer de complémentaire santé reste possible

Sur la santé, la marge de manœuvre est réelle et souvent sous-utilisée. Depuis le 1er décembre 2020, un contrat de complémentaire santé se résilie à tout moment, sans frais, sans pénalités et sans justification, une fois passé un délai d’un an à compter de la première souscription. L’effet intervient un mois après réception de la notification. Le nouvel organisme accomplit les démarches pour le compte de l’assuré, de sorte que la couverture ne s’interrompt pas entre l’ancien et le nouveau contrat, ce qui est le point décisif à cet âge.

Cette liberté ne dit rien de ce qu’on trouvera ailleurs, et c’est là que le travail commence. Sur ce type de dossier, la comparaison porte moins sur le montant affiché que sur les délais de carence, les plafonds annuels par poste, les conditions applicables aux appareillages et aux séjours, et les exclusions liées à des affections déjà connues. Ces éléments se lisent dans les conditions générales, pas sur un tableau commercial, et ils justifient à eux seuls qu’on prenne le temps de faire lire les documents.

Une résiliation par l’assureur doit être motivée

Recevoir une lettre annonçant la fin d’un contrat, sans autre explication, est une situation fréquente et déstabilisante. L’article L113-12-1 du code des assurances dispose que la résiliation unilatérale du contrat d’assurance par l’assureur doit être motivée. L’assureur ne peut donc pas se contenter d’annoncer qu’il ne reconduit pas : il doit dire pourquoi. Une lettre muette ne respecte pas cette exigence, et demander par écrit le motif est un geste simple, à faire dès réception, avant toute autre démarche.

Un point mérite d’être signalé parce qu’il rend périmée une bonne partie de ce qui se lit en ligne. La loi n°2026-403 du 26 mai 2026 a supprimé du texte les mots qui réservaient l’obligation aux contrats couvrant une personne physique en dehors de son activité professionnelle. Depuis le 28 mai 2026, l’exigence de motivation vaut quel que soit le type d’assuré. Beaucoup de contenus rédigés avant cette date décrivent encore un assureur libre de ne rien expliquer : ils ne sont plus à jour.

Cette règle s’applique-t-elle à votre contrat ? La question se vérifie.

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Accompagner sans se substituer

Une démarche menée pour un proche se heurte vite à une question pratique : les documents doivent être signés par la personne assurée, et les échanges se tiennent avec elle. Ce qui peut être préparé en amont, en revanche, allège beaucoup l’entretien. Réunir les contrats en cours, les avis d’échéance, les courriers reçus de l’assureur et le relevé d’information transforme une conversation confuse en dossier lisible. Ce relevé est remis à la résiliation et dans les quinze jours d’une demande de l’assuré, et il porte sur les cinq périodes annuelles précédentes.

Le devoir de conseil joue ici pleinement. Avant toute souscription, l’intermédiaire doit préciser par écrit les exigences et les besoins de la personne, fournir des informations objectives, claires et non trompeuses, et expliquer les raisons qui motivent le contrat proposé. Sur un dossier où les refus se sont accumulés, ce document écrit est ce qui permet de vérifier, tranquillement et plus tard, que la solution retenue correspond bien à ce qui avait été exprimé, et non à ce qui était le plus facile à placer.

Ce que le Bureau central de tarification fait

Saisi après un refus, le Bureau central de tarification ne trouve pas d’assureur : il fixe la prime que la compagnie choisie par le demandeur devra appliquer, et peut imposer une franchise. Il statue sous trois mois. Sa compétence se limite aux assurances obligatoires, et en automobile à la seule responsabilité civile. Une compagnie qui maintient son refus après cette fixation encourt le retrait d’agrément.

Ce point de droit s’applique-t-il à votre contrat ? Décrivez-le, la vérification est courte.

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Les questions qui reviennent sur ce sujet

Un assureur peut-il résilier après un sinistre ?

Seulement si le contrat le prévoit par une clause des conditions générales ; à défaut de clause, ce droit n’existe pas, et la résiliation prend effet un mois après notification. L’assureur perd même cette faculté s’il a encaissé, plus d’un mois après avoir eu connaissance du sinistre, une prime portant sur une période postérieure. En responsabilité civile automobile, la clause type est restrictive : elle vise les sinistres causés sous l’empire de l’alcool ou de stupéfiants, ou une infraction ayant entraîné une suspension d’au moins un mois ou l’annulation du permis.

Le refus d’un assureur se conteste-t-il quelque part ?

Il ne se conteste pas comme une décision administrative, puisque la liberté de contracter est la règle. La seule voie ouverte concerne les assurances obligatoires, par la saisine du Bureau central de tarification, et à des conditions de forme strictes. Avant cela, il reste utile de vérifier que la demande a bien été formalisée par écrit auprès du siège, car un refus verbal ne fait courir aucun délai et ne permet aucune saisine. Cette étape administrative est souvent celle qui manque dans les dossiers qui n’aboutissent pas.

Faut-il tout changer d’un coup, ou avancer par étapes ?

Rien n’impose de tout traiter en même temps, et procéder par étapes évite les périodes sans couverture. Le contrat qui présente le risque le plus lourd se traite d’abord, les autres suivent. Sur la complémentaire santé, le basculement est confortable puisque l’organisme rejoint accomplit lui-même les formalités auprès du précédent. Sur les autres contrats, gardez à l’esprit qu’une résiliation prend effet un mois après notification : c’est ce décalage qui doit être anticipé, pas la démarche elle-même, qui reste simple.

Et concrètement, ensuite

Rassemblez les contrats, les avis d’échéance et les courriers reçus, puis demandez par écrit le motif de tout refus ou de toute résiliation. Une demande décrivant le dossier permet à un courtier immatriculé de dire ce qui reste réellement possible. Ce tri se fait mieux sur pièces que sur souvenirs, et il gagne à être préparé calmement.

  1. Rassembler les documents

    Les conditions particulières portent la somme assurée, la franchise et la date de souscription. L’avis d’échéance porte la date limite de résiliation.

  2. Décrire la situation en quelques lignes

    Ce qui a changé, ce que vous avez déjà, et ce que vous ne comprenez pas.

  3. Attendre le retour d’un professionnel du secteur

    Il reprend le dossier, pose les questions manquantes et remet son conseil par écrit.

Pour aller plus loin

Les pages qui prolongent celle-ci

Avant toute souscription, vos exigences et vos besoins doivent être précisés par écrit, et le contrat proposé doit être accompagné des raisons qui motivent ce conseil. Aucun contrat ne se souscrit sur ce site.

Je veux faire le point pour un proche

Décrivez le contrat concerné, la nature du refus ou du courrier reçu, et ce qui a déjà été tenté. Un professionnel du secteur vous rappelle.

Faire regarder ma situation

Les documents ne se transmettent pas par ce formulaire : indiquez seulement la situation et vos coordonnées.

Votre demande part vers un professionnel du secteur. Elle n’est pas diffusée à un panel d’annonceurs.