Se marier, se pacser, divorcer : les contrats à revoir
Un changement de vie familiale déplace des logements, des véhicules et des contrats souscrits à des époques différentes. Cette page indique ce qui doit être signalé à l’assureur, dans quel délai, et quels contrats deviennent inutiles ou insuffisants une fois la situation stabilisée. Elle vise les personnes qui s’installent ensemble, se pacsent, se marient ou se séparent, et qui ne savent pas par quel bout prendre leurs papiers.
- Chaque règle citée porte sa référence
- Vérifié le 27 août 2026
Quinze jours pour signaler ce qui change
La règle est courte et peu connue. En cours de contrat, l’assuré doit déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux, dans les quinze jours à partir du moment où il en a eu connaissance, par lettre recommandée ou par recommandé électronique. C’est l’article L113-2, 3° du code des assurances, et il ne s’applique pas aux assurances sur la vie. Un déménagement, un logement qui accueille désormais deux personnes, un véhicule qui change de conducteur habituel entrent dans ce champ.
Le point à comprendre est que ce délai ne se mesure pas depuis l’événement, mais depuis le jour où vous en avez eu connaissance. Il ne s’agit pas non plus d’une formalité de politesse. Une circonstance nouvelle non signalée revient à laisser l’assureur travailler sur une description du risque qui n’est plus la bonne, et cette description est exactement ce sur quoi se calcule une indemnité. Une déclaration faite dans les temps coûte un courrier ; une déclaration oubliée se paie au moment du sinistre.
Un changement de situation familiale se déclare en un courrier, et se corrige mal une fois le sinistre survenu.
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Ce dont parle cette fiche
Cette vue illustre la situation traitée ici. Elle ne rend compte d’aucun dossier ni d’aucune personne en particulier.
Ce que l’assureur peut faire de cette déclaration
Une aggravation déclarée ouvre à l’assureur un choix, encadré par l’article L113-4. Il peut résilier le contrat, dix jours après notification, en remboursant la prime au prorata de la période non couverte. Il peut aussi proposer une nouvelle prime. Si vous ne répondez pas ou si vous refusez dans les trente jours, la résiliation devient possible, mais seulement à la condition que cette faculté ait été rappelée en caractères apparents dans la lettre de proposition. Cette condition de forme protège l’assuré, et elle se vérifie sur le courrier reçu.
L’assureur perd ce droit s’il a manifesté son accord au maintien du contrat, notamment en continuant d’encaisser les primes. Autrement dit, la déclaration ne vous met pas à la merci d’une décision unilatérale sans limite de temps. Rien de tout cela ne fonctionne si la déclaration n’a pas été faite : c’est la raison pour laquelle il vaut mieux écrire, même quand on n’est pas certain que le changement compte. Une déclaration inutile ne coûte rien ; une omission a des effets sur l’indemnité.
Emménager ensemble, résilier le contrat en trop
Quand deux logements n’en font plus qu’un, il reste souvent un contrat habitation orphelin, prélevé chaque mois sur un appartement que plus personne n’occupe. Depuis le 1er janvier 2015, l’assurance habitation se résilie à tout moment après un an de souscription, sans frais ni pénalités, avec effet un mois après notification. Le solde de prime est remboursé dans les trente jours. Il n’y a donc aucune raison d’attendre une date anniversaire, et aucune raison non plus de conserver par précaution un contrat devenu sans objet.
La question inverse mérite autant d’attention : le contrat conservé couvre-t-il encore correctement ce que le foyer possède désormais. Les mobiliers de deux logements réunis sous un même toit représentent une valeur supérieure, et le capital déclaré, lui, n’a pas bougé. C’est le cas de figure typique où l’indemnité se retrouve réduite à proportion le jour d’un incendie ou d’un cambriolage. Le geste utile tient en une addition honnête de ce que contient le logement, faite avant l’incident et non après.
- Le contrat habitation du logement quitté, à résilier une fois le déménagement effectif.
- Le capital mobilier du logement conservé, à réévaluer avec les biens des deux foyers réunis.
- L’adresse et le conducteur habituel des véhicules, à mettre à jour auprès de chaque assureur.
La santé se change à tout moment après un an
Un mariage, un pacs ou une séparation remet souvent en cause la complémentaire santé, parce que l’un des deux bénéficiait de celle de l’autre, ou que les besoins ne sont plus les mêmes. Depuis le 1er décembre 2020, un contrat de complémentaire santé est résiliable à tout moment, sans frais, sans pénalités et sans justification, une fois passé un délai d’un an à compter de la première souscription. La résiliation prend effet un mois après réception de la notification, et le nouvel organisme accomplit les démarches à votre place.
La nuance mérite d’être lue de près, car elle est régulièrement déformée en ligne : le délai d’un an court depuis la première souscription du contrat, ce qui n’est ni la même chose qu’un contrat vieux d’un an chez son assureur actuel, ni un rendez-vous fixé à la date anniversaire. Cette liberté rend inutile de subir une couverture inadaptée pendant des mois. Elle ne dispense pas de comparer ce qui compte réellement, à savoir les plafonds, les délais de carence et ce que le contrat ne prend pas en charge.
Votre cas se situe entre deux de ces situations ? Décrivez-le.
Décrire mes contratsLa prévoyance, le contrat qu’on oublie
Quand la vie de famille change, la question qui se pose n’est plus seulement celle des biens, mais celle du revenu du foyer si l’un des deux s’arrête. La prévoyance complémentaire est obligatoire pour les salariés cadres : l’employeur verse, à sa seule charge, une cotisation égale à 1,50 % de la tranche 1 de la rémunération, affectée par priorité à la couverture d’avantages en cas de décès. Pour les travailleurs indépendants et les non-salariés, elle reste facultative, ce qui ne veut pas dire secondaire.
Une séparation modifie aussi ce que le contrat doit protéger et au bénéfice de qui. C’est un sujet où le document contractuel prime sur les intentions, et où une relecture évite un décalage durable entre ce que vous croyez avoir prévu et ce qui est écrit. Le devoir de conseil impose ici de préciser par écrit vos exigences et vos besoins, puis d’expliquer les raisons du contrat proposé. C’est le meilleur moment pour poser ces questions, avant que les situations ne se figent.
La déclaration de changement, et son délai
L’article L113-2, 3° du code des assurances impose de déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux, dans les quinze jours à partir du moment où l’assuré en a eu connaissance, par lettre recommandée ou par recommandé électronique. L’obligation ne s’applique pas aux assurances sur la vie. Le délai se compte depuis la connaissance du fait, pas depuis le fait lui-même.
Ce point de droit s’applique-t-il à votre contrat ? Décrivez-le, la vérification est courte.
Décrire mon contratLes questions qui reviennent sur ce sujet
Un pacs oblige-t-il à fusionner nos contrats ?
Aucun texte ne l’impose. Ce qui est obligatoire, c’est de déclarer les circonstances nouvelles qui aggravent le risque ou en créent de nouveaux, dans les quinze jours de leur connaissance. Réunir les contrats habitation en un seul relève ensuite d’un choix, souvent pertinent quand le logement est unique, mais qui suppose de vérifier que le capital mobilier retenu correspond bien à l’ensemble des biens présents. Conserver plusieurs contrats sur un seul logement, en revanche, ne double aucune indemnité : l’assurance de biens répare une perte, elle ne la rémunère pas deux fois.
Après une séparation, qui garde le contrat auto ?
Le contrat suit son souscripteur et le véhicule qu’il désigne. Le point sensible est le conducteur habituel : s’il change, la circonstance doit être déclarée. Pensez également au relevé d’information, dont le modèle est fixé à l’annexe du code des assurances (annexe A121-1). Il est remis à la résiliation et dans les quinze jours d’une demande de l’assuré, et porte sur les cinq périodes annuelles précédentes. Celui qui n’était pas souscripteur en aura besoin pour souscrire à son nom, et mieux vaut le demander avant que les échanges ne deviennent difficiles.
Faut-il attendre une date anniversaire pour changer ?
Non, pour la plupart des contrats concernés ici. L’habitation, l’auto et les contrats vendus en complément d’un bien ou d’un service se résilient à tout moment après un an de souscription, avec effet un mois après notification. La complémentaire santé suit une règle voisine depuis le 1er décembre 2020, une fois passé un an à compter de la première souscription. Dans les deux cas, l’organisme que vous rejoignez se charge des formalités auprès du précédent, ce qui évite les périodes sans couverture au moment du basculement.
Et concrètement, ensuite
Faites la liste des contrats en cours, notez pour chacun la date de première souscription et ce qu’il couvre encore réellement. Une demande décrivant votre nouvelle situation permet à un courtier immatriculé de trier ce qui se résilie, ce qui se met à jour et ce qui manque.
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Rassembler les documents
Les conditions particulières portent la somme assurée, la franchise et la date de souscription. L’avis d’échéance porte la date limite de résiliation.
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Décrire la situation en quelques lignes
Ce qui a changé, ce que vous avez déjà, et ce que vous ne comprenez pas.
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Attendre le retour d’un professionnel du secteur
Il reprend le dossier, pose les questions manquantes et remet son conseil par écrit.
Les pages qui prolongent celle-ci
- réévaluer la couverture du logement : Cette page explique comment se fixe le capital mobilier et pourquoi un logement qui réunit deux foyers demande une révision du montant déclaré.
- revoir sa complémentaire santé : Les plafonds, les délais de carence et les postes réellement pris en charge y sont détaillés, ainsi que le mécanisme de changement une fois la première année passée.
- protéger le revenu du foyer : La prévoyance couvre l’arrêt de travail, l’invalidité et le décès ; cette page distingue ce qui relève du statut de salarié et ce qui doit être souscrit à titre personnel.
- Assurer un proche âgé, en pratique
- Lire « Un enfant qui part étudier »
Avant toute souscription, vos exigences et vos besoins doivent être précisés par écrit, et le contrat proposé doit être accompagné des raisons qui motivent ce conseil. Aucun contrat ne se souscrit sur ce site.
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