Assurer une maison héritée qu’on n’habite pas
Une maison reçue en héritage reste souvent vide plusieurs mois, le temps de trancher entre la vente, la location et la conservation. Cette page dit ce que la loi impose vraiment dans cette situation, comment fixer un capital qui ne se retourne pas contre vous, et ce que la garantie catastrophes naturelles laisse à votre charge. Elle s’adresse à des héritiers qui n’ont pas encore décidé de la suite.
- Chaque règle citée porte sa référence
- Vérifié le 27 août 2026
Ce que la loi impose, et à qui
Les obligations d’assurance en matière d’habitation que le code nomme visent des situations précises. Le locataire doit s’assurer contre les risques dont il doit répondre en cette qualité, et le justifier à la remise des clés. Le copropriétaire, qu’il occupe son lot ou le loue, doit s’assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre ; le syndicat des copropriétaires doit lui aussi être couvert en responsabilité civile. Ces obligations reposent sur la loi du 6 juillet 1989 et sur l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965.
La nuance à ne pas écraser tient en une phrase : ce que le texte impose au copropriétaire porte sur la responsabilité civile, pas sur une multirisque habitation complète. Affirmer qu’un copropriétaire doit détenir une assurance habitation est trop large. Pour une maison individuelle laissée vide, hors copropriété, la couverture relève donc d’une décision et non d’une contrainte. Ce qui ne veut pas dire qu’elle soit facultative en pratique : un bien inoccupé cumule des risques que personne ne surveille au quotidien.
Un bien que personne ne visite se découvre sinistré des semaines plus tard, et c’est ce délai qui coûte le plus cher.
Décrire ma situation
Ce dont parle cette fiche
Cette vue illustre la situation traitée ici. Elle ne rend compte d’aucun dossier ni d’aucune personne en particulier.
Assurer plus cher ne protège pas mieux
Face à une maison familiale, la tentation consiste à déclarer un capital généreux, par attachement autant que par prudence. La loi rend ce geste inutile. L’assurance de biens est un contrat d’indemnité : la somme versée ne peut pas dépasser la valeur de la chose assurée au moment du sinistre. Souscrire pour un montant supérieur à cette valeur, sans dol ni fraude, laisse le contrat valable, mais il ne joue que jusqu’à concurrence de la valeur réelle. La prime, elle, aura bien été calculée sur le montant excessif.
Le raisonnement se complique avec un bien ancien dont le contenu a une valeur affective sans équivalent marchand. Le mobilier hérité se valorise à son prix de remplacement, pas au souvenir qu’il porte, et les objets qui sortent de l’ordinaire relèvent en général de clauses particulières et de plafonds spécifiques. Ce sont ces lignes qu’il faut lire avant la signature, en demandant explicitement comment le contrat traiterait tel meuble ou tel objet, plutôt que de gonfler un capital global qui n’apportera rien.
Déclarer trop peu, et voir l’indemnité fondre
L’erreur inverse est la plus coûteuse, et elle passe totalement inaperçue jusqu’au sinistre. Quand le capital garanti est inférieur à la valeur réelle du bien au jour du dommage, l’article L121-5 du code des assurances considère que l’assuré reste son propre assureur pour l’excédent : il supporte une part proportionnelle du dommage, sauf clause contraire. Un mobilier déclaré 10 000 euros pour une valeur réelle de 20 000 euros conduit donc à une indemnité couvrant la moitié du dommage, même pour un dégât limité à une pièce.
Sur une maison héritée, la sous-évaluation est presque systématique, parce que le capital est repris du contrat du défunt sans réexamen, ou estimé à la va-vite pendant une période chargée. Un inventaire, même sommaire, pièce par pièce, avec des photographies datées, règle le problème pour longtemps. Il sert autant à fixer un capital juste au départ qu’à prouver ce qui se trouvait dans la maison si un incendie ou un cambriolage devait survenir pendant les mois où personne n’y passe.
- Un inventaire par pièce, photographies datées à l’appui, conservé ailleurs que dans la maison.
- Les objets sortant de l’ordinaire, à signaler à part et à faire couvrir par une clause dédiée.
- Le capital repris du contrat précédent, à réexaminer plutôt qu’à reconduire par défaut.
Inondation, sécheresse : ce qui reste à votre charge
Un contrat qui garantit les dommages d’incendie ou d’autres dommages à des biens situés en France ouvre obligatoirement droit à la garantie contre les effets des catastrophes naturelles. Elle se déclenche par un arrêté interministériel publié au Journal officiel, qui délimite les zones et la période concernées. Une franchise reste à la charge de l’assuré, et la loi interdit expressément de l’assurer : elle n’est pas rachetable, quel que soit le contrat souscrit et quel que soit l’assureur. C’est un point que peu de propriétaires connaissent avant d’y être confrontés.
Pour une habitation et, plus largement, pour un bien à usage non professionnel, cette franchise est fixée à 380 euros. Elle passe à 1 520 euros lorsque le dommage est dû à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Ces montants figurent au code des assurances, sous la référence A125-6, dans sa rédaction issue de l’arrêté du 30 décembre 2022, et ils n’ont pas bougé depuis leur conversion des anciens francs. Sur un bien ancien, c’est souvent le mouvement des sols qui finit par se manifester, et c’est alors la franchise la plus élevée qui s’applique.
Le contexte local mérite d’être regardé sans en tirer de conclusion sur le contrat. Le relevé des risques recensés porte l’inondation sur la quasi-totalité des communes de l’agglomération, Chambray-lès-Tours faisant exception ; le mouvement de terrain est nommé notamment à Tours, à Saint-Cyr-sur-Loire, à Saint-Avertin, à Fondettes et à Montlouis-sur-Loire. Ce relevé est administratif : il ne dit rien de ce qu’un contrat couvre, et aucune règle du code des assurances ne varie d’une commune à l’autre.
Ce point se règle plus vite avec le contrat sous les yeux.
Décrire mes contratsUne maison vide se déclare comme telle
L’inoccupation est une circonstance qui compte pour l’assureur, et elle doit lui être signalée. Les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux se déclarent dans les quinze jours à partir du moment où l’assuré en a eu connaissance, par lettre recommandée ou par recommandé électronique. Reprendre le contrat du défunt sans signaler que plus personne n’habite les lieux revient à laisser l’assureur travailler sur une description devenue fausse, avec les conséquences habituelles sur l’indemnité.
Si un sinistre survient, le délai de déclaration est celui du contrat, la loi lui interdisant seulement d’être trop court : au moins cinq jours ouvrés dans le cas général, au moins deux jours ouvrés en cas de vol. La catastrophe naturelle obéit à un calendrier propre, avec trente jours à compter de la publication de l’arrêté de reconnaissance. Sur un bien que personne ne visite chaque semaine, la vraie difficulté est de découvrir le dommage à temps : une visite régulière, ou un voisin prévenu, vaut mieux qu’un délai contractuel généreux.
La franchise catastrophe naturelle ne se rachète pas
Une franchise reste à la charge de l’assuré en cas de catastrophe naturelle, et la loi interdit de l’assurer : l’interdiction figure à l’article D125-5, alinéa 2, du code des assurances. Pour un bien à usage non professionnel, elle s’élève à 380 euros, et à 1 520 euros pour un dommage dû à la sécheresse et à la réhydratation des sols, selon l’référence A125-6 issue de l’arrêté du 30 décembre 2022.
Ce point de droit s’applique-t-il à votre contrat ? Décrivez-le, la vérification est courte.
Décrire mon contratLes questions qui reviennent sur ce sujet
Faut-il assurer une maison qui va être vendue ?
Rien dans les obligations nommées par le code ne vise le propriétaire d’une maison individuelle inoccupée hors copropriété. La question n’est donc pas juridique mais pratique : pendant les mois de mise en vente, le bien reste exposé au dégât des eaux, à l’incendie et aux effets d’une catastrophe naturelle reconnue par arrêté, sans que personne ne s’en aperçoive rapidement. Une couverture pendant cette période protège avant tout la valeur que vous comptez encaisser. Si le bien est en copropriété, l’obligation de responsabilité civile du copropriétaire, elle, s’applique.
Que devient le contrat souscrit par le défunt ?
Il ne se poursuit pas sans rien dire à personne. Les réflexes à avoir sont simples : signaler la situation nouvelle à l’assureur, dans les quinze jours de sa connaissance, et demander le relevé d’information, dont le modèle est fixé à l’annexe du code des assurances (annexe A121-1). Ce relevé est remis à la résiliation et dans les quinze jours d’une demande de l’assuré, et porte sur les cinq périodes annuelles précédentes. Reconduire tel quel un contrat calibré pour un logement occupé, avec un capital ancien, est la manière la plus sûre de découvrir une réduction d’indemnité au mauvais moment.
Une location saisonnière change-t-elle la donne ?
Elle change la description du risque, donc le contrat. Le passage d’une maison vide à un bien qui accueille des occupants successifs crée des circonstances nouvelles, à déclarer dans les quinze jours de leur connaissance. Selon la forme que prend l’activité, les garanties concernées ne relèvent plus seulement de la sphère privée. C’est un cas où il vaut mieux exposer le projet avant de le lancer, plutôt que d’adapter le contrat après la première réservation, quand la couverture est déjà en décalage avec l’usage réel.
Et concrètement, ensuite
Faites un inventaire sommaire avec des photographies datées, signalez l’inoccupation à l’assureur, et vérifiez le capital repris du contrat précédent. Une demande décrivant le bien et vos intentions permet à un courtier immatriculé de calibrer la couverture pour la période de transition. Le reste attendra que la décision de vendre, de louer ou de garder soit prise.
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Rassembler les documents
Les conditions particulières portent la somme assurée, la franchise et la date de souscription. L’avis d’échéance porte la date limite de résiliation.
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Décrire la situation en quelques lignes
Ce qui a changé, ce que vous avez déjà, et ce que vous ne comprenez pas.
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Attendre le retour d’un professionnel du secteur
Il reprend le dossier, pose les questions manquantes et remet son conseil par écrit.
Les pages qui prolongent celle-ci
- couvrir un bien inoccupé : Cette page reprend les garanties d’un logement, la façon dont se fixe le capital mobilier et les points spécifiques à un bien que personne n’occupe.
- faire examiner un contrat repris : Le parcours d’une demande y est décrit : une situation exposée en quelques lignes, transmise à un professionnel du secteur, qui rappelle pour la reprendre en détail.
- quand le bien sert à une activité : Si la maison finit par accueillir un local d’activité ou une exploitation en location, les garanties changent de famille et cette page en donne le cadre.
- La fiche : faire relire ses contrats
- Ce qu’on signe vraiment
Avant toute souscription, vos exigences et vos besoins doivent être précisés par écrit, et le contrat proposé doit être accompagné des raisons qui motivent ce conseil. Aucun contrat ne se souscrit sur ce site.
Je veux assurer une maison dont j’hérite
Décrivez la maison, sa situation depuis la succession et ce que vous envisagez d’en faire. Un professionnel du secteur vous rappelle pour la période de transition.